Développement personnel

La théorie du lion : pourquoi vous chassez des mulots au lieu des antilopes

Le lion peut chasser un mulot.

Techniquement, il en est capable. Il va le débusquer, courir, attraper. Le mulot finira dans sa gueule.

Et le lion mourra de faim. Parce que l’énergie dépensée pour attraper un mulot est largement supérieure à la valeur nutritive que ce mulot lui apporte. Avec la chasse au mulot, il s’assure une mort lente.

J’ai croisé beaucoup de porteurs de projet qui chassaient des mulots.

Reconnaître les mulots dans votre projet

Les mulots, en restauration, ce sont toutes les tâches qui vous occupent sans vous faire avancer. Les réunions sans décision. Les détails de décoration avant d’avoir validé le modèle économique. La recherche du nom parfait pendant des semaines. Les retouches infinies sur un logo avant d’avoir signé un bail.

Ce sont des activités qui ressemblent à du travail. Qui donnent l’impression d’avancer. Mais qui n’apportent presque rien sur les enjeux critiques du projet.

Et pendant ce temps, l’antilope passe.

« Est-ce que mon travail permet des résultats, ou je pédale dans la semoule ? »

Romain Petit

L’antilope demande plus d’effort

L’antilope, c’est le travail difficile. Celui qui demande de l’énergie, de la concentration, du courage parfois. Construire son concept de A à Z. Valider son modèle économique avec de vrais chiffres. Appeler un banquier pour comprendre ce qu’il attend. Faire la démarche difficile de chercher un local avec les bons critères.

Ce travail est inconfortable. On peut le remettre à demain. On peut lui préférer la chasse au mulot, qui donne une sensation de productivité sans les vrais enjeux.

Mais c’est l’antilope qui nourrit. C’est l’antilope qui fait avancer le projet.

La théorie du lion

Le lion peut chasser un mulot — cela lui prendra du temps et de l’énergie pour finalement avoir un repas très maigre. Avec la chasse au mulot, il s’assure une mort lente. Il chasse l’antilope, qui demande plus d’effort, mais qui lui assure, en cas de réussite, de se nourrir bien et de vivre longtemps. Appliqué à votre quotidien : est-ce que votre travail permet des résultats, ou pédalez-vous dans la semoule ?

Appliquer ça à votre quotidien d’entrepreneur

Chaque matin, avant de commencer à travailler, posez-vous une question : « Est-ce que ce que je m’apprête à faire aujourd’hui va faire avancer mon projet de façon significative ? »

Si la réponse est non — si c’est un mulot — identifiez l’antilope. La vraie tâche critique, celle que vous repoussez parce qu’elle est difficile. Et commencez par elle.

Ce n’est pas une question de productivité. C’est une question de survie.

Les mulots qu’on chasse par peur

Souvent, on chasse des mulots par peur. On fait des petites choses faciles pour éviter de faire les grandes choses difficiles. On retouche le logo pour ne pas appeler le banquier. On réaménage la carte pour ne pas aller chercher un bail.

Reconnaître cette dynamique en soi, c’est déjà la moitié du chemin.

« Remplace la peur par l’ambition et la procrastination par le travail. »

Romain Petit

En résumé
  • Le lion qui chasse des mulots mourra de faim — l’énergie dépensée dépasse la valeur nutritive.
  • Les mulots en restauration : les tâches qui ressemblent à du travail sans faire avancer les enjeux critiques.
  • L’antilope, c’est le travail difficile et inconfortable — construire le concept, valider les chiffres, appeler la banque.
  • Chaque matin : identifier l’antilope avant de commencer à travailler.
  • Souvent, on chasse des mulots par peur des antilopes — reconnaître cette dynamique est déjà la moitié du chemin.