J’ai fait beaucoup d’erreurs dans ma carrière. Des petites qui m’ont coûté quelques milliers d’euros. Et des grandes qui m’ont coûté beaucoup plus.
Je ne les regrette pas — elles m’ont construit. Mais si je peux vous éviter d’en payer quelques-unes, c’est l’un des objets de Bishop Invest.
Voici les erreurs les plus fréquentes des entrepreneurs en restauration. Celles que j’ai vécues. Celles que j’observe chez mes clients. Celles qui reviennent, inlassablement.
Aller trop vite
L’enthousiasme du début pousse à brûler les étapes. On signe le bail avant d’avoir validé le modèle économique. On recrute avant d’avoir défini le concept. On ouvre avant d’avoir formé l’équipe.
L’urgence ressemble à de l’ambition. Ce n’est pas la même chose. L’ambition construit des fondations. L’urgence les néglige.
Chaque étape brûlée se paie plus tard — souvent avec des intérêts.
« Tu es du genre à mettre tes chaussures avant tes chaussettes. »
Choisir le mauvais associé
J’ai appris cette leçon à mes dépens. Un mauvais associé coûte toujours plus cher qu’une opportunité manquée.
La règle que j’applique maintenant : je m’associe uniquement avec des personnes avec qui j’envisage de travailler toute ma vie, dans la joie. Pas avec des personnes disponibles. Pas avec des personnes qui ont de l’argent. Avec des personnes qui partagent mes valeurs, ma vision, mon rapport au travail.
Un doute substantiel sur un associé potentiel ? C’est non. La décision sera plus facile avant de signer qu’après.
Vouloir tout faire seul
La restauration est un sport collectif. Vouloir tout maîtriser, tout contrôler, tout décider seul — c’est épuisant, inefficace, et souvent contre-productif.
Les entrepreneurs qui réussissent sur le long terme sont ceux qui savent s’entourer de gens meilleurs qu’eux dans leurs domaines de faiblesse. Et qui leur font confiance pour les exercer.
Ne pas étudier le marché local
Un concept brillant dans le mauvais marché, c’est un concept qui échoue. J’ai vu des projets extraordinaires s’effondrer parce que le porteur n’avait pas passé 3 heures à compter les passants devant son futur local à l’heure du déjeuner.
L’étude de marché locale n’est pas une formalité pour le dossier bancaire. C’est la validation de votre hypothèse commerciale. Sans elle, vous ouvrez en espérant. Ce n’est pas une stratégie.
Sous-capitaliser
Ouvrir avec le budget minimum, c’est ouvrir avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le premier imprévu — et il y en aura — vous met en danger.
La règle : 3 mois de charges fixes en trésorerie de sécurité au moment de l’ouverture. Pas négociable.
La bonne philosophie face à l’erreur
Il y a une façon de se rapporter à l’erreur qui change tout. Pas comme une honte — comme une information.
« 1 fois c’est une erreur. 2 fois c’est un manque d’écoute. 3 fois, c’est que t’es bête. »
Les erreurs que je vois le plus souvent chez les entrepreneurs en restauration ne sont pas des erreurs de méchanceté. Ce sont des erreurs de précipitation. Évitez les fautes de pied — l’erreur bête du tennisman qui rate parce qu’il n’a pas pris le temps de se positionner. C’est comme freiner du pied gauche : on pourrait croire que ça peut faire aussi bien que le droit. C’est un danger public.
Voici comment je me rapporte à l’erreur depuis que j’entreprends :
- « J’ai découvert une nouvelle façon de ne pas… » — Chaque erreur est une information sur ce qui ne fonctionne pas. Pas un verdict sur vous.
- Ne pas mentir quand on fait une erreur. Se chercher des excuses agace les autres. S’excuser, assumer, prouver sa valeur. Dans cet ordre.
- Quand la défaite n’est plus une expérience émotionnelle, elle devient une opportunité d’apprendre. Le coup de blues passé, il faut entrer dans l’analyse pour ne plus reproduire les mêmes erreurs.
- Au lieu d’avoir réponse à tout, avoir question à tout. L’entrepreneur qui pense tout savoir est celui qui répète ses erreurs le plus longtemps.
- La critique n’est pas un échec. Si on ne vous critique pas, c’est que vous ne faites rien d’exceptionnel.
- Si tu ne fais rien, tu échoues par défaut. L’immobilisme provoque des faux pas.
- Avant de critiquer : attendez. Une réponse impulsive empire presque toujours la situation.
Et la règle que je me suis fixée pour mes propres projets : « Je préfère poser une question et être bête 30 secondes, plutôt que de ne rien poser et être bête toute ma vie. » L’humilité intellectuelle est le raccourci le plus efficace vers la compétence.
- Aller trop vite : brûler les étapes se paie toujours — avec des intérêts.
- Mauvais associé : un doute substantiel avant de signer, c’est non. Toujours.
- Vouloir tout faire seul : s’entourer de gens meilleurs que soi dans ses domaines de faiblesse.
- Ne pas étudier le marché local : valider l’hypothèse commerciale sur le terrain, pas dans un bureau.
- Sous-capitaliser : 3 mois de charges fixes en trésorerie de sécurité minimum à l’ouverture.