Il y a une phrase que j’entends souvent dans la bouche des porteurs de projet.
« Je préfère faire ça seul. Comme ça, c’est vraiment à moi. »
Je comprends le sentiment. Vraiment. L’indépendance, la liberté, ne devoir rien à personne.
Mais réussir seul, ça n’existe pas. Et dans la restauration encore moins qu’ailleurs.
Plus on est de fous, mieux on entreprend
J’ai une conviction profonde : bien entreprendre, c’est constituer une belle équipe. Pas juste des associés. Des associés, des salariés, des partenaires. Tout l’écosystème qui rend votre projet possible.
Parce qu’ouvrir un restaurant, c’est simultanément être :
- Expert en cuisine et en service
- Spécialiste en immobilier commercial
- Financier capable de monter un dossier bancaire convaincant
- RH pour recruter et gérer une équipe
- Marketeur pour créer une communauté avant même d’ouvrir
- Juriste pour naviguer dans les contrats et les autorisations
- Logisticien pour orchestrer l’ouverture
Personne ne maîtrise tout ça. Ceux qui prétendent le contraire finissent épuisés ou en dessous de leurs ambitions sur au moins la moitié de ces sujets.
« Si vous n’avez pas d’argent pour investir, investissez-vous dans vos relations. Donnez plus que vous ne recevez. »
Construire son réseau avant d’en avoir besoin
Le réseau ne se construit pas au moment où on en a besoin. Il se construit avant. Longtemps avant.
J’ai passé des années à m’investir dans des relations qui ne me rapportaient rien immédiatement. Des rencontres, des échanges, des services rendus sans attente de retour. Et quand j’ai eu besoin — d’un local, d’un financement, d’un bon artisan, d’un conseil juridique — le réseau était là.
Dans la restauration, le réseau, c’est :
- Des agents immobiliers spécialisés en CHR qui vous appellent avant de mettre un local sur le marché
- Des courtiers qui savent comment présenter un dossier à une banque pour un restaurant
- Des fournisseurs qui vous font confiance et vous donnent des conditions préférentielles
- Des prescripteurs qui parlent de votre projet avant même que vous ayez ouvert
- Des investisseurs qui financent les projets bien structurés
Les bons partenaires changent tout
Un bon comptable spécialisé en CHR vous fait économiser plus que ses honoraires. Un bon avocat spécialisé en baux commerciaux vous évite les pièges que vous ne voyez pas. Un bon courtier vous ouvre des portes bancaires que vous n’auriez pas ouvertes seul.
Ce ne sont pas des coûts. Ce sont des investissements.
Un barbecue avec quelques braises seules est voué à mourir. Ajoutez un chef barbecue pour les réunir, avec un sèche-cheveux dans les mains, et le foyer se développera. Le manager — le fondateur — a le même rôle avec les talents : réunir les bonnes braises et souffler dans la bonne direction. Seul, vous êtes une braise. Bien entouré, vous devenez un feu.
Sur les associés : choisir avec soin
Si vous envisagez de vous associer, une règle absolue : associez-vous uniquement avec des personnes avec lesquelles vous vous voyez travailler toute votre vie, dans la joie.
Pas avec des personnes disponibles. Pas avec des personnes qui ont de l’argent. Avec des personnes qui partagent vos valeurs, votre vision, votre rapport au travail.
Parce qu’une association difficile finit toujours par coûter plus cher qu’une association manquée.
« Je m’associe uniquement avec des personnes avec qui j’envisage de travailler toute ma vie, dans la joie. Je capitalise sur eux et sur la confiance que je leur apporte. »
- Réussir seul dans la restauration, ça n’existe pas. Le projet est trop multidimensionnel.
- Bien entreprendre, c’est constituer une belle équipe : associés, salariés, partenaires.
- Le réseau se construit avant d’en avoir besoin — pas au moment de l’urgence.
- Les bons partenaires spécialisés (comptable, avocat, courtier CHR) sont des investissements, pas des coûts.
- Pour les associés : choisir uniquement des personnes avec qui on se voit travailler toute une vie, dans la joie.